La voie

La voie, c’est Le Bouddha, le Dharma et la Sangha

 

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La voie avril 2019

BouddhaLorsque nous envisageons la voie ou le chemin de l’enseignement du Bouddha, c’est ce que l’on appelle le Dharma. Nous avons vu d’ailleurs qu’il y a plusieurs sens à ce mot Dharma et que l’on peut résumer par « prendre refuge » ou de « se protéger ».

C’est à dire nous « réfugier » dans l’enseignement. Et dans le cas de la pratique de la voie, de quoi allons-nous chercher à nous protéger ?
C’est de la souffrance.

C’est cela que nous voulons éviter. La meilleure protection se serait si le Dharma pouvait nous permettre de transcender la souffrance. C’est ce que l’on appelle le Nirvana. Le Nirvana veut dire étymologiquement « ce qui est au-delà de la souffrance », ce qui est au-delà de ce qui nous afflige. Et ce qui nous afflige ce sont précisément ces facteurs mentaux obscurcissant, les « claysha ».

Ce sont les moteurs, ce sont les sources de la souffrance et donc le Nirvana c’est de transcender, de se débarrasser des ces toxines mentales, de ces « claycha ». Et là nous avons vraiment un véritable refuge ultime. C’est pour cela que l’on dit que l’aspect ultime du Dharma c’est le Nirvana, c’est ce qui est au delà des facteurs mentaux obscurcissant et de ce qui nous afflige, la protection ultime à l’égard de la souffrance pour que nous puissions accéder au Samadhi.

Maintenant si on regarde la nature de ce Nirvana, et bien certes, c’est aussi la nature fondamentale de notre esprit, mais ce n’est pas une entité. Le Nirvana n’est pas une entité permanente. Il n’a pas toujours été là comme le résultat d’une connaissance.

Ce n’est pas comme le simple fait d’exister, qui est un fait, c’est la nature des choses, l’existence est là et nous ne pouvons pas la nier et elle n’a pas besoin de justification que le simple fait que le monde des phénomènes existe, tandis que le Nirvana est le résultat d’une transformation.

Il y a là un événement nouveau qui est lié de notre effort de purification, par rapport aux facteurs mentaux obscurcissant, qui ont lié des causes et des conditions. L’accomplissement de ce but, de ce Nirvana, dépend de soi. Cela rentre dans le cadre des quatre nobles vérités.

Le Bouddha, la vérité de la souffrance qui doit être reconnue et puis reconnaître les causes de la souffrance, « les claycha ».

La voie, qui va permettre la cessation de la souffrance et le fruit qui est donc ce Nirvana.

Ce que nous cherchons c’est à l’évidence le bonheur, éliminer les souffrances, et pour cela en résumé, il faut maîtriser notre esprit, éliminer les « claycha » et ainsi jouir du fruit. On voit donc que les quatre nobles vérités résument l’ensemble de ce qu’est le Dharma, de ce que sont les différents éléments du Dharma, la reconnaissance de la souffrance, de ces causes, le but à atteindre qui est de passer au delà de la souffrance et les étapes de la voie, c’est à dire ce qui convient d’accomplir et de rejeter afin d’obtenir le résultat.

Pour reprendre la façon de mettre en œuvre, d’utiliser ces quatre nobles vérités :

Premièrement la souffrance, la vérité de la souffrance doit être reconnue. Si on ne reconnaît pas le Samsara, c’est à dire utiliser notre esprit grossier tant dans nos pensées que dans nos actions dans notre quotidien comme meilleure méthode de souffrance, on aura aucune motivation pour s’en débarrasser. Donc la souffrance doit être identifiée.

Deuxièmement, la deuxième noble vérité, c’est ce qui concerne les causes de la souffrance, les « claycha », les émotions ou les pensées ou les facteurs mentaux obscurcissant ou affligeant. Et ceux-ci, comme ils sont causes de souffrance, ils doivent être interrompus. Ils doivent être arrêtés et éliminés.

Troisièmement, notre but est d’actualiser l’absence de la souffrance et cette absence qui vient mettre un frein à la cessation de la souffrance.

Quatrièmement, la quatrième vérité c’est la cessation de la souffrance ou bien c’est de me séparer de cette souffrance, de l’annihilé. Ce qu’on doit faire c’est d’accomplir, d’actualisé cette quatrième vérité en faisant en sorte qu’elle se produise.

Mmais pour ce faire, il faut mettre en œuvre des moyens appropriés et donc c’est ce que l’on appelle la vérité de la voie, la voie qui doit être mise en œuvre, la voie qui doit être méditée, la voie qui doit être accomplie, parce que c’est ce qui va permettre la cessation de la souffrance.

Nous avons donc ces quatre nobles vérités. La première est que la souffrance doit être reconnue ensuite, la cause de la souffrance doit être éliminée puis, le résultat doit être actualisé et enfin la voie doit être méditée.

Le message de ces quatre nobles vérités est donc lié au but de la totale élimination de la souffrance. Et pas seulement une élimination temporaire comme on se débarrasserait de quelque chose qui va revenir, mais en se débarrassant des causes même de la souffrance. C’est s’en débarrasser d’une façon telle qu’elle ne revienne pas.

Cela implique une élimination définitive par la connaissance, une élimination des « claycha » des émotions ou des pensées obscurcissantes, de sortes qu’elles n’ont plus aucune cause qui ferait que de nouveau elle se produise dans notre esprit.

Donc tout ce qui devait être éliminé a été éliminé, tout ce qui devait être accompli a été accompli. C’est le point culminant de ce travail de transformation qui conduit à une félicité ou une plénitude qui elle devient durable de ce fait.

la roue du DharmaCes quatre nobles vérités sont exposés par le Bouddha lors du premier épisode de la mise en mouvement de la roue du Dharma, et ces quatre vérités ont aussi été analysées et détaillées de façon extrêmement subtile et précise notamment durant le deuxième épisodes durant lequel le Bouddha a mis en mouvement la roue du Dharma et chacune de ces vérités doit être analysée et être un sujet de réflexion extrêmement profond.

C’est surtout les enseignements de la Prajnaparamita, les enseignements de la connaissance transcendante qui correspondent au deuxième épisode de la roue du Dharma qui analyse tout cela.

Ces enseignements montrent également qu’il est indispensable d’unir la sagesse, la connaissance de la vacuité, avec les moyens habiles et tout à fait extraordinaire que sont ceux de la pensée de l’éveil la Bodhicitta, le vœux altruiste d’atteindre à l’éveil pour le bien d’autrui.

Particulièrement le rôle essentiel de développer la compassion afin d’engendrer une énergie extrêmement puissante qui nous rapprochera de façon efficace du but, c’est à dire la sagesse ultime la compréhension de la vacuité, cette compassion qui est lié à un esprit altruiste extrêmement profond, une motivation parfaitement pure et qui a été mise en œuvre et qui a été exposé dans le deuxième épisode de la mise en mouvement de la roue du Dharma.

On peut mettre aussi plus l’accent sur le troisième épisode de la mise en mouvement de la roue du Dharma, dans lequel, l’accent est mis sur la nature du sujet, c’est à dire la conscience. On parle alors de la luminosité fondamentale de l’esprit, de la nature de Bouddha qui est inhérente à chaque être et qui est inhérente à la nature ultime de l’esprit qui s’appelle le « tatadatagarba », l’essence de la bouddhéïté, et donc cet enseignement qui était dans un texte comme « le dieulama » et bien d’autres, les profonds sutras, viennent s’insérer dans ce cadre.
(voir aussi la page des sutras).

Donc on voit qu’au fil de ces trois épisodes, les quatre vérités sont exposées avec précisions et de façon de plus en plus profonde.

Pour cela il faut également comprendre comment s’intègre cette notion des trois joyaux. Le Bouddha, le Dharma et la Sangha.

Parlons par exemple de la Sangha, la communauté. Il y a deux aspects dans cette communauté. Il y a le Bouddha, comme individu, qui a atteint l’excellence au point le plus suprême de la connaissance, et puis il y a tous ceux qui sont engagés sur la voie. Ce sont là des individus, des personnes. Mais il y a aussi les qualités qui caractérisent l’état de conscience de ces personnes. Les qualités spirituelles qui sont développées tout au long de la voie. Ces qualités sont d’abords minimes, ordinaires,  et puis peu à peu elles deviennent de plus en plus suprêmes ou sublimes, à mesure que la confusion de l’esprit se dissipe et que la réalisation de la nature des choses s’accentue. Et donc nous avons des individus qui ne sont plus ordinaires mais qui néanmoins continuent à s’entraîner, à se perfectionner sur la voie.

Et puis il vient un jour, où le point ultime de la voie est atteinte et il n’y a plus rien à apprendre et donc nous avons la Sangha ou les qualités qui ont atteints le point ultime. Donc c’est en fonction de leurs qualités intérieures que l’on distingue ces  différents niveaux dans la Sangha ou dans la communauté de ceux qui sont engagés sur la voie.

C’est donc au niveau de l’esprit, au niveau des qualités qui résident dans la conscience, ce n’est pas au niveau  de l’aspect physique de la force, de la beauté, de la dextérité physique, mais bien les qualités qui sont liées à notre flot de conscience.

Ces qualités, comment vont elles se manifestées ?

Les qualités vont se manifester dans le sens que le fossé qui distingue la nature des choses avec la façon dont elles nous apparaissent. Ce fossé va peu à peu se combler et nous allons voir de plus en plus les choses telles qu’elles sont. Nous allons voir les choses telles qu’elles sont de façon ultime, sans confusion et sans aucune altération.

Pour atteindre à ce but, Il faut unir à la fois une pacification de l’esprit, un lien de calme mental, le lien de pacification des pensés confuses, des pensés et des émotions négatives, et en même temps une vision élargie. Une perspective plus profonde. Donc il va falloir unir ce calme intérieur avec cette vision profonde. C’est ce qu’on appelle l’union du Shamata et du Vipassana.

Pour atteindre ce but il faut aussi employer une concentration extrêmement claire et puissante comme on appelle le Samadhi ou la concentration en un seul point, de sorte que finalement on arrive à la compréhension ultime des choses qui est la vacuité ou la vacuité d’existence propre des phénomènes. Il va falloir par la suite maintenir cette compréhension.

Peu à peu nous allons arriver au point ultime de cette actualisation de cette compréhension qui est de reconnaître la nature ultime des choses et des phénomènes et donc de ne plus tomber ou perdre cette compréhension.

C’est très différent de ce que l’on appelle la vision limité des êtres ordinaires. Ce que l’on appelle les enfants. Les enfants parce qu’ils leur manquent cette compréhension de la nature des choses. Et là, nous avons donc des êtres que l’on appelle des êtres sublimes, ou extraordinaires du point de vue de leur compréhension de la nature des choses.

La SanghaLes êtres ordinaires qui ne voient que leurs propres perceptions erronées, c’est ce qui fait une différence entre le Samsara ce qu’ils perçoivent, et le Nirvana qui leur reste caché car ils leur manquent la compréhension et la connaissance qui caractérise l’au-delà de la souffrance. Lorsque nous actualisons, lorsque nous atteignons ce Nirvana, Il est évident de par lui même. Car c’est une expérience directe, qui nous fait comprendre que la souffrance et les causes de la souffrance ont disparu et que nous percevons la nature des choses telle qu’elle est.

Cette compréhension de plus en plus vaste, de plus en plus profonde, c’est ce que l’on appelle le Dharma. Le Dharma et la source de toutes ces  qualités. C’est par le Dharma que l’on passe de l’être ordinaire à l’état d’être sublime comme le Bouddha qui est arrivé au bout du chemin et qui n’a plus rien à apprendre, parce qu’il a éliminé tout ce qu’il y avait à éliminer et développer tout ce qu’il y avait à développer.

Donc lorsqu’on parle des trois joyaux, le Bouddha, le Dharma et la Sangha, le joyaux ultime c’est le Dharma. Car c’est celui qui permet d’actualiser la cessation de la souffrance, d’actualiser le Nirvana, c’est celui qui permet d’atteindre à la connaissance ultime. Tous les Bouddhas naissent et viennent du Dharma.

En résumé, le refuge ultime parmi les trois joyaux, c’est le Dharma.

La connaissance de la nature de ces trois joyaux est intimement lié avec ces quatre vérités. Ce qui nous permet dans notre quête, d’éliminer la souffrance, de reconnaître ce qui doit être éliminé.

Pour se débarrasser de la souffrance, quelle est la voie qui permet d’effectuer cette élimination, qu’elle va être le résultat de cette élimination des causes de la souffrance ? Et bien tout cela c’est le joyaux que l’on appelle le Dharma.

En d’autres terme, le Dharma c’est l’enseignement qui nous éclaire sur tous ces sujets.

Celui qui nous protège en nous montrant le chemin, en nous enseignant le Dharma, l’enseignement, donc ce joyaux qui nous montre le Dharma c’est le Bouddha.

Pour ceux qui sont sur le chemin, qui ont entrepris le processus de transformation de la cessation de la souffrance, c’est ce que l’on appelle la Sangha.

Nous voyons bien que ces trois joyaux, la Bouddha, le Dharma et la Sangha sont intimement liés au quatre vérités.

  • Reconnaître la souffrance
  • Les causes de la souffrance
  • La qualité de la voie
  • La nature de la cessation de la souffrance

C’est le Dharma, celui qui le montre c’est le Bouddha et ceux qui le pratique c’est la Sangha.

Un peu d’histoire

Il convient également de dire quelques mots avant d’entreprendre l’étude du texte la lampe pour la voie de l’éveil, de voir comment s’est développé, s’est transmis l’enseignement du Bouddha.

Au début nous avons deux collections d’enseignement. Tout d’abord les canons PÂLI avec un très grand nombre de sutra/sutta qui sont connus uniquement en PÂLI, et puis il y a aussi une autre langue qui a été utilisée au départ qui était moins répandu mais qui a pris par la suite de plus en plus d’importance dans la transmission des enseignements du Bouddha qui est le Sanskrit.

Principalement en Inde s’était à l’université de Nâlandâ que cet enseignement au travers du Sanskrit s’est développé. D’ailleurs les plus grands des pandits, des érudits, des êtres accomplis de l’Inde ont enseigné à Nâlandâ, comme ce fut le cas de Nâgârjuna et Aryadeva. Et tous les grands commentaires qui expliquent les enseignements du Bouddha ont été, pour la plupart, écrits et enseignés à Nâlandâ. Donc au Tibet, c’est cette même tradition qui s’est répandue à partir du septième siècle.

Lorsque ces premiers grands maîtres Indiens vinrent au Tibet, se fût l’abbé Shantarakshita qui venait précisément de Nâlandâ qui a été le premier à introduire non seulement la lignée monastique, mais aussi l’enseignement de la voie du milieu, du Madhyamaka selon la tradition de Nâlandâ. Il ne vint pas seul, car son disciple Kamalashila était présent. Tout deux vinrent à la première époque datant de la transmission du Dharma dans la tradition dite ancienne.

Un peu plus tard vint le pandit Atisha, qui commença sa formation à Nâlandâ et par la suite poursuivit sa formation à l’autre université importante « Vikramashida ». Un grand nombre de traducteurs vinrent se former en Inde dans la tradition de Nâlandâ. Grâce à ces deux universités et à cet ensemble de personne, à cette union des grands maîtres de l’inde et des traducteurs Tibétains la plupart des textes Sanskrit et des textes PÂLI ont été traduits en Tibétain.

On peut dire sans trop se tromper que le Dharma, l’enseignement du Bouddhisme Tibétain, s’inscrit dans la tradition de Nâlandâ. On peut dire également que cela est vrai pour toutes les différentes écoles du Bouddhisme Tibétain. Si l’on regarde les principaux textes étudiés au cour de leurs études, tous les « shastras » ou les sutra, les grands commentaires qui viennent de l’Inde, les textes sur Pramāṇa, les textes sur la cosmologie et les éléments de la voie l‘Abhidharma, toutes ces écritures sont basées sur les commentaires qui étaient enseignés et en vigueur à la grande université de Nâlandâ.

Pour mémoire et pour respecter la tradition de la diffusion de la connaissance de l’enseignement du Bouddha au Tibet voici quelques éléments :

  • l’Abbé Shantarakshita qui instaura le Vinaya la discipline du Bouddhisme et la transmission des écritures de Nâlandâ
  • Padmasambhava le maître né du lotus ou Guru Rimpoché le précieux maître qui accorda sa bénédiction au Tibet et par lequel le Bouddhisme put se répandre dans tout le Tibet
  • Atisha qui vint à l’ouest du Tibet à l’invitation d’un des rois, Songtsen Gampo, qui était dans la province de marli. Ce roi a eu deux descendants dont l’un « Lasongtsenchukeu » qui a reçu Atisha. Ce dernier a composé le texte « La lampe pour la voie de l’éveil », base de l’enseignement donné à Pomaya en Italie .

Dans la pratique de la voie nous pouvons prendre refuge dans les trois rivières ou les trois joyaux ou encore les trois trésors que sont le Bouddha, le Dharma et la Sangha.

A SUIVRE…

Hervé
Lesintuitions.com
Lesenergies.fr

Texte tiré des enseignements de SS le 14ème Dalaï Lama donnés à Pomaya en Italie.